Gabon : le marché du manganèse face à la rude épreuve de la surproduction mondiale et de la concurrence chinoise

 

Deuxième producteur mondial de manganèse après l'Afrique du Sud, le Gabon qui a décidé de sortir du statut d’exportateur de matières brutes pour celui de transformateur va devoir faire face à un certain nombre d’écueils.

 

Si l’idée de la transformation locale du manganèse gabonais reste hautement louable, il n’en demeure pas moins vrai que le timing s’avère un peu particulier, soulignent les observateurs avertis du secteur. La Comilog, filiale locale d'Eramet, vient d'annoncer une perte nette de 43 milliards de Francs CFA (65,5 millions d'euros), en hausse de 60% sur un an.

 

La raison, le manganèse est en surproduction sur un marché mondial très concurrentiel entrainant une division des prix par trois en moins de dix ans. Face à cette conjoncture, le premier producteur mondial, South32 - né d’une scission des activités du géant BHP Billiton - a fermé l'an dernier trois de ses quatre fours de manganèse sud-africains.

 

Au Gabon, si la question cruciale de l’alimentation du Complexe de Moanda en électricité a été résolue, grâce à la construction par l'Etat du barrage hydroélectrique de Grand Poubara (160MW), en service depuis 2013, les coûts de production restent élevés, en raison notamment de la fragilité des infrastructures, dont le réseau ferroviaire, essentiel au transport du minerai.

 

Le pays doit également affronter un autre obstacle. Celui lié à la concurrence chinoise. Si le groupe français exploite encore 90% du manganèse gabonais, il est désormais concurrencé par les Chinois de la Compagnie industrielle et commerciale des mines de Huazhou (CICMHZ) qui exploite ce minerai à Ndjolé (centre).

 

Les difficultés financières ont conduit Eramet à suspendre Maboumine, l’un de ses projets phares dans le secteur et dont le gisement situé près de Lambaréné (centre du Gabon), recèle du niobium (utilisé dans la fabrication des aciers et de superalliages), des terres rares, du tantale (présent dans les composants électroniques), ou encore de l’uranium. Depuis 2011, plus de 180 millions d’euros ont déjà été injectés dans différentes études et le coût total du projet (mise en exploitation et lancement d’une usine de transformation) est estimé à 3,5 milliards d’euros. Des discussions sont en cours avec le gouvernement, également actionnaire, afin de trouver d'autres partenaires éventuels pour porter le projet.

Synclair Owona





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